4 août 2008

9/11

Par Jean-Philippe Gravel
Présentation de l'œuvre
Ressource bibliographique: 

Depuis mai 2001, les frères Jules et Gédéon Naudet, réalisateurs d'origine française, sont à New-York dans le but de tourner un documentaire sur la formation d'une recrue du corps des pompiers. Le «probie» élu pour la cause, Tony Benetado, fraîchement intégré à l'une des casernes du «downtown» new yorkais, devrait être le sujet de ce récit de formation anticipé, mais le mois d’aout 2001 ne voit pas d’incendie conséquent pour éprouver le courage du jeune homme.Tout change le matin du 11 septembre, quand Jules Naudet accompagne un camion dépêché dans le Lower Manhattan pour réparer une fuite de gaz. C'est durant l'exécution de cette manœuvre banale qu'il capte ce qui demeurera l’une des seules images connues de la frappe du premier avion, dans la tour nord du World Trade Center. Aspiré par les événements, Jules Naudet se retrouve coincé dans le lobby de la tour 1 avec l'escouade de «Chief Pfeifer», filmant les efforts des pompiers à concevoir une stratégie de sauvetage dans la confusion générale.Pendant ce temps, Gédéon Naudet se lance à la recherche de son frère, redoutant le pire, tandis que Tony Benetado quitte la caserne où il était de garde pour se fondre dans la mêlée. Les retrouvailles éventuelles des deux frères succèdent au retour au bercail des pompiers de la caserne, ayant tous «miraculeusement» survécu, avant de repartir pour un second tour sur le site de ce qui sera devenu «ground zero».

Précision sur la forme adoptée ou le genre: 

Film documentaire.

Précision sur les modalités énonciatives de l'œuvre: 

La narration est à voix et à points de vue multiples. La présence de deux caméramans sur les lieux favorise, naturellement, l’exploitation soutenue du montage alterné, d’autant plus que, fait rarissime, l’un des deux caméramans est longtemps coincé à l’intérieur des tours et se trouve donc en état de mettre sur vidéo ce qui sera sans doute les dernières images du World Trade Center à être ainsi captées de l’intérieur.La narration off est polyphonique. James Hanlon, l'un des coréalisateurs du film, assure le point de vue rétrospectif d’un narrateur non-impliqué, auquel s’ajoutent les témoignages de Jules et Gédéon Naudet ainsi que d'une dizaine de pompiers diversement impliqués dans les événements. Malgré ce concert de voix, l’effet obtenu est celui d’une narration continue et homogène, visant la complémentarité et non la confrontation des points de vue. Des extraits sonores de reportages et d’actualités — du matinal bulletin-météo d’une journée qui s’annonce encore comme les autres à l’allocution belliqueuse du président Bush — assurent le suivi chronologique des événements et, par bribes, leur contextualisation historique.