Comptes-rendus

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29 octobre 2007

Un désordre américain

Par Annie Dulong
Débutant le matin du 11 septembre dans un taxi newyorkais, Un désordre américain met en scène un homme et une femme dont le mariage, plus que de simplement se défaire, est en processus d’implosion. Marshall et Joyce, dont le divorce traîne depuis un bon moment, partagent le même appartement et la garde de leurs deux enfants et cette cohabitation transforme leur appartement en zone de guerre : coups bas, destruction, manipulation, tous les moyens semblent bons pour obliger l’autre à céder et à quitter l’appartement qu’aucun ne veut laisser à l’autre. Le 11 septembre, Joyce, à la dernière minute, ne prend pas le vol 93 de United Airlines. Marshall, quant à lui, est retardé par un flirt avec l’éducatrice de l’un de leurs deux enfants et n’est donc pas à son bureau du WTC lorsque le premier avion frappe. Il est néanmoins sur les lieux et échappe à l’effondrement des tours. Au cours des mois qui suivent, alors que les Etats-Unis vivent l’occupation de New York par l’armée, l’empoisonnement du courrier à l’anthrax et la guerre en Irak, les deux personnages poursuivent d’une manière encore plus intensive leur lutte en vue du divorce sans parvenir véritablement à achever l’autre.

Dossiers

3 avril 2013

Conversation avec Steve Giasson autour de son exposition 11 (Centre des arts actuels Skol, 7 septembre – 6 octobre 2012)

Par Stéphan Hyronde
L’exposition intitulée II [Eleven], conçue par l’artiste multidisciplinaire montréalais Steve Giasson, s’est tenue à l’automne dernier au Centre des arts actuel Skol, à Montréal, du 7 septembre au 6 octobre 2012. Les productions de cet artiste, comme celles de cette récente exposition, se situent au croisement de l’art conceptuel, de la littérature conceptuelle, de l’art plastique. Dans le cadre circonscrit du Centre Skol, Steve Giasson a pris pour matière et pour thème un ensemble de répercussions, documentaires ou fictionnelles, soit issues des attentats new-yorkais du 11 septembre 2001, soit en correspondance thématique avec un tel geste de destruction.
L’appropriation et la saisie de ces répercussions, notamment dans l’œuvre principale présentée, ne nous placent certes, au travers d’archives se rapportant à des archives de l’événement, qu’indirectement au contact de celui-ci.